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Sécurité routière : Un conseil national pour réduire les accidents

Le Premier ministre, Luc Adolphe Tiao, a procédé, ce mardi 26 juillet 2011 à Ouagadougou, à l’installation des membres du Conseil national de la sécurité routière (CNSR) et à l’ouverture de sa première session. Le chef du gouvernement a encouragé les acteurs et affirmé sa disponibilité à les accompagner pour la réduction du nombre de victimes de l’insécurité routière au Burkina Faso.

 

 

 

La situation est de plus en plus alarmante. 500 morts et 6000 blessés, telle est la moyenne annuelle des victimes des accidents sur les routes du Burkina Faso. Piétons, cyclistes, motocyclistes, automobilistes…, personne n’y échappe. « Les victimes sont majoritairement, et c’est là tous nos regrets, des jeunes qui constituent la vitalité et l’espoir de la Nation », a déclaré le Premier ministre, Luc Adolphe Tiao. C’est pour changer la donne, qu’il a été créé en 2008, le Conseil national de sécurité routière et l’Office national de sécurité routière. L’installation des membres a eu lieu, ce 26 juillet 2011 à Ouagadougou.

 

Composé de 29 membres provenant de 27 structures publiques et privées et de la société civile, le CNSR est l’organe consultatif de la sécurité routière au Burkina Faso. Il comprend trois organes que sont l’assemblée générale, le bureau des ministres et le secrétariat permanent. Placé sous la présidence du Premier ministre, le CNSR a pour missions de contribuer à la formulation de la politique globale de sécurité routière, de proposer des stratégies appropriées de lutte contre les accidents de la route, d’évaluer la mise en œuvre des actions de l’ONASER et des autres acteurs de la sécurité routière, etc. Le CNSR tient d’ailleurs, sa première session sous le thème : « Ensemble, nous pouvons sauver de nombreuses vies. Alors, agissons tous maintenant ».

 

Selon le rapport de 2009 élaboré sous l’égide de l’Organisation mondiale de la santé sur la situation de la sécurité routière, le monde enregistre chaque année, environ 1 million 300 mille décès et plus de 50 millions de blessés, soit plus d’une vie perdue par minute et deux blessés, toutes les secondes sur les routes. « Et si rien n’est fait pour remédier à la crise actuelle de la sécurité routière, un avenir sombre nous attend : le nombre annuel de décès sur les routes passerait à plus de 1milion 900 mille par an, d’ici à 2020 », a prévenu le chef du gouvernement.

 

Luc Adolphe Tiao se dit convaincu que le salut viendra absolument d’une prise de conscience et d’un changement de comportements des usagers de la route. « Ce n’est pas une tâche facile que de susciter des changements en profondeur dans les comportements humains, et singulièrement, d’enraciner dès le plus jeune âge, une culture de sécurité routière en nos concitoyens », a reconnu le Premier ministre Tiao. Pour lui, l’école est un moyen important de notre lutte. C’est pourquoi il interpelle les enseignants et parents d’élèves, d’ailleurs représentés au sein du CNSR à redoubler d’effort pour une culture effective de la sécurité soutière. Comme le Premier ministre, le directeur général de l’Office national de la sécurité routière (ONASER), le colonel Labawo Forogo, lance également un appel à la prise de conscience de tous. « La sécurité routière ne saurait être l’affaire d’une seule structure ni de quelques acteurs. Elle est l’affaire de tous », a-t-il rappelé. « Je voudrais que chacun de nous comprenne que notre comportement quotidien sur la route n’est pas seulement une question de sécurité routière, mais une question de sécurité publique avec la nécessité pour chaque usager de la route, de se protéger contre lui-même », a fait savoir le colonel Labawo Forogo.

 

Le ministre en charge des Transports, Gilbert Noël Ouédraogo s’inscrit dans le même registre : « La sécurité routière est l’affaire de tous. Il faut que chacun joue sa partition, que chacun ait un comportement responsable. Il est important que chacun respecte les règles de la circulation routière », affirme-t-il.

 

Se réjouissant de l’installation du CNSR, le ministre Ouédraogo a indiqué que cette structure va travailler sur le plan d’action de la sécurité qui dure 10 ans. Il a salué le travail abattu par les acteurs de la sécurité routière, en l’occurrence le rôle de l’ONASER. Ils ont permis, selon lui, de constater une certaine évolution dans le transport routier. Mais beaucoup reste encore à faire, en termes de sensibilisation et de conscientisation. C’est pourquoi, il a plaidé pour la mise en place d’un mécanisme de financement de la sécurité routière. Un plaidoyer bien reçu par le Premier ministre qui promet d’examiner « avec la plus grande bienveillance, toute proposition » relative à ce mécanisme pérenne de financement de ladite sécurité.

 

Enok KINDO

 


 

Des statistiques de la tragédie routière au Burkina Faso

 

4 mai 2004, l’accident sur l’axe Banfora-Niangoloko à Kotoura : 35 morts et 5 blessés ;
21 avril 2005, l’accident sur l’axe Tikaré-Kongoussi : 10 morts et 60 blessés ;
15 novembre 2008, l’accident sur l’axe Boromo-Pâ : 69 décès et 35 blessés ;
6 mai 2010, l’accident à Kara au Togo : 14 morts et 5 blessés
6 mai 2011, l’accident à Atakpamé au Togo : 28 décès et 42 blessés
24 juillet 2011, l’accident sur l’axe Boromo-Pâ : 11 morts et 43 blessés

 

Sidwaya